Par concentration du rayonnement direct, il est
possible de produire de la chaleur à température suffisament élevée pour
entraîner une machine thermodynamique délivrant de l'électricité via une
génératrice.
Les centrales
à tour
Dans le concept de la centrale à tour, des
miroirs concentrent le rayonnement solaire sur une chaudière située au
sommet d'une tour. La température du fluide circulant dans la chaudière peut
atteindre plus de 500 C. Une turbine à vapeur entraîne ensuite un
alternateur relié au réseau.
L'efficacité de conversion du rayonnement solaire en
électricité atteint en 2000 environ 15 à 18%.
Le circuit
peut être direct ou avec un stock intermédiaire pour encaisser les variations
d'ensoleillement et les passages de nuage.
La tendance
est de recourir à un circuit direct couplé avec celui plus classique d'une
centrale à turbine à gaz à haut rendement (cycle combiné).
La partie solaire réalise alors une économie de combustibles (à
l'optimum actuel, le dimensionnement est fait pour environ 20% solaire), sans
nécessité de stock à haute température, dont la technologie n'est pas maîtrisée
totalement.

La centrale à tour de Barstow (Solar 2) en
Californie.

Les rayons du soleil sont réfléchis par les miroirs sur la
chaudière en haut de la tour. Auparavant ils sont focalisés dans l'espace comme
sur cette photo.
Les centrales à capteurs
cylindro-paraboliques
En
Californie, les centrales les plus répandues (8 unités de 350 MWe) reposent sur
le concept de capteurs cylindro-paraboliques qui permettent d'atteindre des
températures de fluide de plus de 250 C. Ces centrales dites SEGS ont été
construites durant les années 1980 et sont depuis exploités de manière très
fiable. Le coût de production de l'électricité, notoirement inférieur à celui de
photopiles équivalentes, n'est cependant pas assez bas pour atteindre la
rentabilité et les USA ne développent plus la filière massivement.
Des projets
de centrales solaires thermiques sont en cours au début de la décennie 2000 dans
des pays comme l'Egypte, l'Inde, la Jordanie, la Crête, le Maroc, la Tunisie,
avec l'aide financière d'un fonds mondial dédié.
En Suisse, le projet SPS
En Suisse,
le rayonnement direct est en plaine insuffisant pour une production
d'électricité solaire par voie thermodynamique intéressante. En altitude dans
les Alpes, on peut trouver des conditions d'ensoleillement direct plus
favorables. Dans les années 1970, de nombreux projets ont été imaginés pour
produire de l'électricité solaire par voie thermique dans les Alpes suisses dans
des unités de 100 kWe à 1 MWe.
Depuis
1995, une recherche sur une petite unité de 10 kWe est menée par le laboratoire
LENI de l'EPF Lausanne (Professeur Daniel Favrat) et la société COGENER (Yacine
Allani). Il s'agit de mettre au point d'une part un capteur à concentration bon
marché et d'autre part une unité de production d'électricité compacte à partir
d'une source chaude à 150 - 160 C. L'unité utilise deux cycles de Rankine
superposés et des turbines scroll.
En 2000 et
2001, des kWh solaires ont été produits sur le site de Parc Scientifique de
l'EPF Lausanne. Les développements se poursuivent pour aboutir à des unités de
cogénération (chaleur et électricité) compactes pouvant être implantées dans des
pays méditérannéens.
Voir la section des rapports pour des informations plus
détaillées sur ce projet dénommé SPS pour Solar Power System.

Le CEP (Capteur Extra Plat) développé par la société
COGENER de Lausanne en partenariat avec le LENI de l'EPF Lausanne permet
d'atteindre des températures de plus de 150 C avec des efficacités dépassant
50%.